Commandement des forces d’opérations spéciales du Canada - Un aperçu
TABLE DES MATIÈRES

- Avant-propos du commandant
- Introduction
- Contexte actuel en matière de sécurité
- Qu’est-ce que les FOS?
- Commandement des Forces d’opérations spéciales du Canada
- Priorités du Commandement
- Conclusion
Avant-propos du commandant
Dans le contexte actuel en matière de sécurité, les réactions militaires classiques ne sont pas toujours pourvues de la gamme complète des capacités requises pour répondre aux menaces que les Forces canadiennes (FC) continueront d’affronter. Il faut aussi des éléments supplémentaires qui mettent l’accent sur un niveau élevé de souplesse, d’agilité, d’adaptabilité et des ensembles de compétences non traditionnelles pour aider à combattre ces nouvelles menaces et les tactiques asymétriques qu’elles utilisent.
Fièrement intégrée à la structure générale des Forces canadiennes, la création d’un Commandement des Forces d’opérations spéciales du Canada (COMFOSCAN) en 2006 s’est avérée le point de départ pour la création de ce qui s’est rapidement transformé en un outil stratégique robuste et cohérent. Regroupant des capacités existantes, en améliorant certaines et en créant d’autres, le COMFOSCAN s’est rapidement développé pour devenir un élément important de l’architecture militaire et de la sécurité du Canada.
Les opérations FOS typiques sont axées sur le renseignement et reposent sur une sécurité opérationnelle rigoureuse. De façon toute aussi importante, elles dépendent d’un soutien éclairé et instruit de nos forces classiques, de nos alliés et de nos partenaires de coalitions ainsi que d’un leadership bien informé au sein des FC. Le concept de l’harmonisation des effets au lieu d’une synchronisation nette et linéaire des activités demeure au centre de son emploi. La nécessité pour les leaders d’aujourd’hui et de demain de comprendre totalement de qui et de quoi est composé le COMFOSCAN et, plus important encore, de comprendre comment la façon de maintenir l’équilibre de l’incroyable capacité que représentent nos hommes et femmes est essentielle à leur succès. Ce processus d’éducation se traduit par toutes nos pensées, paroles et gestes, reconnaissant ainsi que le fait de maximiser la valeur du COMFOSCAN est crucial à la sécurité de notre nation.
Cette publication du Commandement des Forces d’opérations spéciales du Canada est une représentation fondamentale de la façon dont le Commandement soutiendra les objectifs stratégiques nationaux et militaires opérationnels dans un avenir prévisible. On y exprime clairement notre mandat, notre cadre et les rôles et tâches spécifiques associées à notre Commandement ainsi qu’un certain nombre de points à examiner concernant l’emploi des forces d’opérations spéciales (FOS). Par conséquent, j’espère qu’elle servira aussi à dissiper les mythes et méconnaissances qui nuisent ouvent aux FOS.
Ce qui devrait nettement ressortir de cette publication, c’est la résolution du Commandement à s’intégrer pleinement à la structure des Forces canadiennes et à sa capacité de contrer les menaces actuelles ou émergentes envers les Canadiens et les intérêts nationaux, que ce soit au pays ou à l’étranger. Cette publication vise en outre à renforcer la nécessité de pouvoir s’appuyer sur un processus de gouvernance robuste et mature qui permet de s’assurer que les processus de surveillance opérationnels et administratifs requis sont en place. Enfin, on y souligne qu’il est essentiel que le personnel du COMFOSCAN provienne des trois environnements et de tous les métiers des FC puisque c’est laseule façon de s’assurer d’atteindre en tout temps le juste équilibre relativementaux ensembles de compétences.
La devise du Commandement, Viam Invenimius (Nous trouverons un moyen) fait référence au processus rationalisé de commandement et de contrôle et à l’attitude gagnante et réceptive chez tous les membres du FOSCAN, s’assurant ainsi que leurs connaissances ainsi que leurs compétences et leur dévouement sans égal sont mis à contribution pour combattre ceux qui menacent nos concitoyens canadiens, nos amis et nos alliés aux quatre coins du globe. Cette publication constitue l’une des nombreuses étapes visant à nous assurer que nous trouvons toujours une voie.
D. Michael Day
Colonel, Commandant
Commandement
des Forces d’opérations spéciales
du Canada

Introduction
Le Canada et ses alliés devront faire face à un contexte chaotique, volatil et incertain en matière de sécurité à l’avenir, et ce, en ce qui a trait à toute la gamme des conflits, depuis les catastrophes pour l’humanité, en passant par les opérations de soutien de la paix jusqu’aux véritables combats.

De plus, ce contexte difficile appelle vigilance et flexibilité à l’égard de la menace terroriste au pays et à l’étranger. Les opérations exigeront une intégration et une planification interarmées et interministérielle détaillée à l’échelle du gouvernement canadien et avec les alliés et les partenaires de la coalition qui y participent. Les prévisions en ce qui a trait au développement et à la croissance du COMFOSCAN, qui font partie de la transformation globale des Forces canadiennes (FC), permettront d’améliorer et d’utiliser efficacement les capacités d’opérations spéciales pour servir les intérêts du Canada le mieux possible. Dans cette veine, le présent document vise à fournir un aperçu de la façon dont les FOS canadiennes seront conçues, mises sur pied et employées pour servir les Canadiens et nos intérêts nationaux. Comme tel, il fournit aux décideurs militaires et politiques la compréhension nécessaire des FOS pour les aider à les employer dans l’objectif de faire progresser la sécurité du pays et nos intérêts nationaux.
Le Contexte actuel en matière de sécurité
À court terme, la perspective d’une guerre classique contre une autre nation où des tactiques traditionnelles seraient utilisées semble lointaine. Néanmoins, des poches d’instabilité s’étendent à l’échelle du globe au fur et à mesure que des éléments armés de plus en plus sophistiqués et diversifiés tentent d’établir leur prépondérance dans divers états faibles ou en déroute.
Même lorsqu’ils sont localisés et principalement motivés par l’exploitation économique, ces entités armées ont difficiles à éliminer, en particulier dans les États présentant une faible capacité d’intervention structurale ou institutionnelle. Malgré la nature régionalisée de ces conflits, leur impact sur la sécurité internationale est norme : exploitation économique illicite, propagation des armes légères, activités criminelles incluant le trafic des drogues et des êtres humains, ainsi que la conséquence de la migration des populations et de l’instabilité, pour n’en citer que quelques-unes. Par conséquent, même des conflits relativement mineurs nécessitent un engagement et un confinement internationaux ainsi qu’un niveau de vigilance nationale.
Bien que plusieurs menaces soient géographiquement confinées, les réseaux terroristes internationau (p. ex. : al-Qaïda) représentent une menace mondiale. Leurs objectifs, leurs méthodologies et leur adaptabilité opérationnelle ont changé la nature des insurrections transnationales. Ils emploient des stratégies asymétriques pour attaquer en appliquant une doctrine de propagande par l’action. Ils emploient les tactiques de la criminalité, du terrorisme et de la guérilla pour atteindre leurs objectifs et ils ont raffiné d’autres techniques perturbatrices comme les attentats-suicides, les engins explosifs improvisés et les catastrophes produisant de nombreux blessés. De plus, ils exploitent la mon-dialisation (p. ex., les télécommunications, le financement, l’interconnectivité Internet pour des opérations d’information et le partage des leçons retenues, des techniques, tactiques et procédures) ainsi que la prolifération de la technologie pour améliorer leur capacité et leur portée. Ces organisations sont des entités réseautées, multicouches et complexes capables de planifier, synchroniser et exécuter des opérations de façon détaillée. Elles apprennent constamment de leur expérience collective et s’adaptent et changent continuellement pour devenir des adversaires plus complexes, plus sophistiqués et plus dangereux.

Par conséquent, les FOS ne peuvent se satisfaire du statu quo. Les FOS doivent continuellement repousser les limites et s’efforcer d’être des chefs de file au plan de la doctrine, de la technologie et des capacités réelles. Cependant, le contexte de menace complexe dans lequel nous vivons exige une large gamme de disciplines, d’agents et d’acteurs qui doit servir à identifier, à suivre et à surveiller leurs activités et à en dissuader la poursuite. Concrètement, les opérations doivent s’amorcer par l’introduction de sources de renseignement diversifiées en vue de cerner précisément les menaces qui, à leur tour, conduisent à l’application précise d’effets cinétiques et non cinétiques chirurgicaux. Indéniablement, la nature complexe et interreliée de la menace actuelle ne peut être résolue que par une coordination, une planification et une action approfondies basées sur une réaction militaire, gouvernementale et internationale intégrée. Bref, une approche pangouvernementale est nécessaire pour contrer efficacement la menace.
Cependant, le contexte volatil et chaotique au plan de la sécurité mondiale exige une réponse qui ne peut être unilatérale. Une multitude d’organismes internationaux contribuent à la campagne générale pour améliorer la sécurité, le développement et la gouvernance dans le forum mondial. Les efforts militaires pour contrer l’activité criminelle, la prolifération des conflits et du terrorisme, par nécessité et par utilité s’appuient principalement sur une coalition. Que ce soit sous l’égide des Nations Unies (NU), de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) ou d’une nation responsable, les FC collaboreront étroitement avec leurs alliés. Cette interrelation est complétée par la nature intrinsèquement interarmées des opérations modernes. Les divers environnements — la marine, l’armée de terre, l’aviation et les forces d’opérations spéciales — s’allient pour obtenir un impact plus complet et plus efficace dans l’espace de combat; l’ensemble produisant un bien meilleur résultat que la somme de ses parties.

L’omniprésence des médias mondiaux constitue une autre réalité du contexte actuel en matière de sécurité. Les transmissions instantanées depuis la zone des opérations vers les salons des civils aux quatre coins du globe en temps réel (p. ex., l’effet CNN) peuvent propulser à l’avant-scène des situations tactiques sur le terrain en apparence innocentes et leur donner une importance stratégique. Même les reportages sur des événements en apparence mineurs peuvent engendrer de l’hostilité dans le monde et créer des incidents internationaux pour les gouvernements nationaux si les paroles ou les actes rapportés sont irrespectueux ou inutiles (en particulier si pris hors contexte). La réalité du « caporal stratégique » nécessite l’éducation et la formation de tous ceux qui sont déployés en théâtres d’opérations. On doit inculquer à tous la notion selon laquelle ils doivent être conscients et responsables de leurs actes en tout temps puisque les gestes qu’ils posent deviennent des outils, sinon des armes, dans la campagne d’opérations d’information continue menée par l’ennemi
En bref, le contexte actuel en matière de sécurité entourant les opérations est chaotique, volatil, incertain et en perpétuel changement. La nature ambiguë et les conditions asymétriques inhérentes à la plupart des conflits d’aujourd’hui ont positionné les FOS comme étant la force de choix parce que son personnel hautement entrainé a la capacité de se déployer rapidement et d’appliquer des ensembles de compétences spéciales dans une variété de contextes et de circonstances pour réussir des missions difficiles en temps de paix, de conflit ou de guerre. Leur excellent équipement leur donne un avantage technologique. Cependant, la principale force des FOS réside dans le fait de mettre l’accent sur une réaction de nature cognitive à des événements complexes et ambigus et d’accorder sa confiance à des gens qui savent s’adapter, qui sont novateurs et flexibles.

Les FOS peuvent façonner des conditions dans les théâtres opérationnels par la conduite d’opérations,
la formation de forces autochtones et la prestation de conseils et d’aide. De plus, l’agilité et la capacité inhérente des FOS leur permettent de conserver une boucle de rétroaction exceptionnellement serrée aux plans du développement des forces (DF), de la mise sur pied d’une force (MPF) et de l’emploi d’une force (EF), incorporant ainsi rapidement les leçons retenues dans l’espace de combat à toutes les étapes du cycle de la MPF. C’est de cette façon que les FOS demeurent à l’avant-garde des nouvelles menaces. Les FOS sont capables d’ajuster leurs capacités aux besoins changeants du pays. Plus important encore, elles anticipent les menaces et s’assurent qu’elles ont la capacité requise avant une crise. Finalement, l’existence du Commandement des Forces d’opérations spéciales du Canada donne aux FC et à la nation une flexibilité plus grande pour réagir aux événements opérationnels et stratégiques en constante évolution.
Qu’est-ce que les FOS?
Définition
Les Forces d’opérations spéciales sont des organisations formées de personnel choisi qui est organisé, équipé et entraîné pour mener des opérations spéciales à haut risque et à valeur élevée pour atteindre des objectifs militaires, politiques, économiques ou informationnels par l’emploi de méthodologies opérationnelles spéciales et uniques dans des régions hostiles, où l’accès est interdit ou controversée sur le plan politique pour obtenir les effets tactiques, opérationnels et/ou stratégiques désirés en temps de paix, de conflit ou de guerre.
Le combattant des FOS

Il existe des différences manifestes entre les forces d’opérations spéciales et leurs homologues traditionnelles.
Le succès des FOS repose sur des individus et de petites équipes très bien entraînées ainsi que sur le développement de compétences de base au sein d’unités pour l’exécution de tâches hautement spécialisées, qu’elles soient cinétiques ou non. Cette capacité s’articule autour de la sélection appropriée des combattants des FOS et de leur perfectionnement professionnel. Ces combattants possèdent l’agilité intellectuelle pour concevoir des solutions créatives et efficaces d’une précision chirurgicale lors de situations ambiguës pour créer des options cohérentes. Ils sont formés pour développer et employer des compétences spécifiques et acquièrent continuellement une expérience éducative et opérationnelle plus approfondie conforme avec l’accent que mettent les FOS sur la force cognitive pour placer ces capacités dans le contexte plus large relié à
l’ensemble de la gamme de conflits. Ceci leur permet de cerner et de mettre en contexte l’utilité de leurs
missions aux plans stratégique et opérationnel. Le
personnel des FOS possède l’expertise pour travailler en collaboration avec divers intervenants dans le cadre de relations interministérielles et internationales et est en mesure d’opérer pendant des périodes prolongées dans diverses régions du monde. Du coup, ils peuvent fournir au gouvernement une large gamme d’options, cinétiques ou non. Les FOS peuvent faire une différence au plan stratégique par la surveillance et la reconnaissance, brossant ainsi rapidement un tableau précis de qui se passe sur le terrain et fournissant tout aussi rapidement des conseils détaillés aux décideurs
politiques et militaires pour améliorer la qualité des effets stratégiques recherchés. Ils peuvent aussi exécuter des tâches avec une précision chirurgicale qui réduit au minimum les dommages collatéraux et la violence inutile. Leur ensemble de compétence permet aussi de résoudre des problèmes de façon non cinétique. De plus, ils peuvent façonner le contexte d’opérations en déployant des équipes d’instruction et de planification dans les pays alliés. Finalement, le combattant des FOS fournit aux décideurs politiques et militaires une gamme d’options juste à temps.
Commandement des Forces d’opérations spéciales du Canada
But et portée
Le Commandement des Forces d’opérations spéciales du Canada (COMFOSCAN) a pour but de développer, de mettre sur pied et, au besoin, d’employer des Forces opérationnelles d’opérations spéciales, qui possèdent les capacités pour créer les effets tactiques, opérationnels et stratégiques requis par le gouvernement du Canada.
Les Forces opérationnelles d’opérations spéciales ne se substituent pas aux forces classiques. Ce sont des organisations taillées sur mesure pour accomplir des tâches précises et qui sont formées pour répondre aux exigences spécifiques d’une mission. Il est important de noter que les FOS mettent l’accent sur l’harmonisation des effets, et non sur la synchronisation des activités. En termes simples, bien que les FOS mènent habituellement leurs opérations de façon indépendante, leur effet est coordonné avec le plan de campagne en théâtre pour appuyer, améliorer et faire progresser l’impact des forces classiques. Après tout, les opérations spéciales cherchent à produire des effets, cinétiques ou non, d’une précision chirurgicale aux plans militaire, diplomatique, informationnel et économique, en employant des capacités militaires qui n’existent pas au sein des forces classiques. Néanmoins, qu’elles soient menées indépendamment ou conjointement avec les opérations des forces classiques (p. ex., les nôtres ou celles des nations alliées), d’autres FOS (p. ex., nations alliées) ou d’autres organismes gouvernementaux, l’emploi des Forces opérationnelles d’opérations spéciales dans le cadre d’une mission est toujours coordonné. L’emploi des Forces opérationnelles d’opérations spéciales diffère des opérations classiques en ce qui concerne le degré de risque physique et politique, les techniques opérationnelles, le mode d’emploi, l’indépendance de l’appui ami et la dépendance à l’égard de renseignements opérationnels détaillés et précis.

Le succès des opérations spéciales repose sur l’expertise des individus et des petites unités dans une multitude de compétences de combat spécialisées, souvent non classiques, appliquées avec flexibilité, improvisation, innovation et indépendance. Les petites équipes, les capacités uniques et l’indépendance (pour de courtes périodes) des unités opérationnelles des FOS permettent de fournir au Canada une capacité de réaction militaire flexible, adaptative, appropriée, évolutive et rapide. Cependant, pour atteindre et maintenir cette capacité, il est essentiel de pouvoir compter sur du personnel dévoué et averti en matière de formation au quartier général pour développer, faire progresser et soutenir les capacités des FOS.
Vision
Une force d’opérations spéciales agile, flexible, à haut niveau de préparation opérationnelle capable de fournir des solutions échelonables, cinétiques ou non-cinétiques, aux missions ayant une importance stratégique pour le gouvernement du Canada.
Mission
Le COMFOSCAN fournira au gouvernement du Canada des Forces d’opérations spéciales flexibles et à haut niveau de préparation, capables de mener des opérations spéciales dans le cadre de toute la gamme de conflits tant au pays qu’à l’étranger.
Tâches du COMFOSCAN
Les unités et le personnel du COMFOSCAN sont organisés, formés et équipés pour accomplir les tâches de base suivantes :
- Opérations contre-terroristes : Les opérations contre-terroristes (CT) font référence aux mesures offensives et défensives prises pour prévenir, dissuader, déjouer et éliminer le terrorisme ainsi
que pour y réagir. Le COMFOSCAN remplit cette mission au pays et à l’étranger. Les mesures contre-terroristes sont principalement offensives, comme libérer un(des) otage(s), récupérer du matériel de nature délicate ou procéder à des frappes contre l’infrastructure, mais englobent aussi des mesures d’intervention en cas d’urgence et des mesures de dissuasion. À l’échelle nationale, les FOS sont employées exclusivement en appui aux organismes canadiens d’application de la loi. - Opérations contre-terroristes (CTM) en mer :Les opérations CTM sont des opérations en milieu maritime qui sont extrêmement complexes et qui exigent un niveau élevé d’expertise et de l’équipement spécialisé pour s’introduire dans une zone ciblée, y combattre et en ressortir efficacement et en toute sécurité.
- Objectifs de grande importance (OGI).Les objectifs de grande importance englobent les autres missions, au pays ou à l’étranger, pouvant être attribuées par le gouvernement du Canada. Ces missions peuvent être cinétiques ou non et peuvent inclure des tâches enchâssées dans la gamme complète des conflits. Voici certains exemples de ces objectifs :
- La contre-prolifération (CP) fait référence aux mesures entreprises pour limiter la possession, l’emploi, l’acquisition ou la circulation d’armes de destruction massive et englobe les actions menées pour localiser, confisquer, capturer et récupérer des armes de destruction massive et, dans certains cas, en vertu de l’Initiative de sécurité contre la prolifération, prévenir l’emploi inapproprié de matériel à double usage.
- La reconnaissance spéciale (RS) correspond à la conduite de missions visant à recueillir ou à vérifier une information d’importance au plan stratégique ou opérationnel. Ces mesures complètent et précisent les autres méthodes de collecte d’information, mais sont normalement dirigées vers des zones d’intérêt extrêmement importantes.
- L’action directe (DA) fait référence à des frappes et à d’autres mesures offensives de courte durée et à petite échelle menées par les forces d’opérations spéciales pour saisir, détruire, capturer, exploiter, récupérer ou endommager des cibles désignées. L’action directe diffère des mesures offensives classiques à l’égard du niveau de risque physique et politique, des techniques opérationnelles et l’utilisation sélective et précise de la force pour atteindre des objectifs précis.
- La diplomatie en matière de défense et l’assistance militaire englobent les opérations qui contribuent à la construction d’une nation en fournissant une assistance aux États sélectionnés au moyen de la prestation de conseils militaires spécialisés, d’instruction et d’assistance (p. ex. l’équipe d’aide à la planification des mesures d’urgence, le Programme d’aide à l’instruction militaire). Le COMFOSCAN apporte sa contribution à l’intérieur des domaines d’expertise du commandement.
Organisation
Le COMFOSCAN est composé de la Force opérationnelle interarmées 2 (FOI 2), du Régiment des opérations spéciales du Canada (ROSC), du 427e Escadron d’opérations spéciales d’aviation (427 EOSA) et de l’Unité interarmées d’intervention du Canada – Incidentschimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (UIIC-ICBRN) qui était anciennement nommée la Compagnie interarméesde Défense nucléaire, biologique et chimique (CIDNBC). Voici les détails relatifs à ces organisations :

Force opérationnelle interarmées 2
La FOI 2 a été créée en 1992 et mise officiellement en service le 1er avril 1993, lorsque les FC ont accepté de prendre en charge les opérations contre-terroristes fédérales de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).
Depuis sa création, l’unité a continuellement développé de nouvelles capacités, technologies et tactiques pour fournir des effets cinétiques et non cinétiques chirurgicaux.

Mission : Fournir une force capable de fournir une assistance armée et des effets d’une précision chirurgicale pour s’attaquer à un enjeu qui nuit ou qui pourrait nuire aux intérêts nationaux. La FOI 2 se concentre sur les opérations contre-terroristes; cependant, elle est employée pour accomplir d’autres tâches d’une importance cruciale.
Roles : opérations contre-terroristes, contre-prolifération, action directe, reconnaissance spéciale et diplomatie en matière de défense et assistance militaire.
Régiment des opérations spéciales du Canada
Le ROSC, situé à la Base des Forces canadiennes Petawawa, a été officiellement créé à titre de nouvelle unité des FC le 13 août 2006. Il s’agit d’une force d’opérations spéciales à haut niveau de préparation, agile et robuste qui s’avère un outil de choix pour soutenir la FOI 2, lui permettant de combler une lacune en matière de capacité qui existait avant la création de l’unité. Le régiment a la capacité de soutenir et de mener une large gamme de missions d’opérations spéciales au pays et à l’étranger.

Mission : Fournir une force à haut niveau de préparation, agile et robuste, capable de soutenir et de conduire une large gamme de missions opérationnelles, tant au pays qu’à l’étranger.
Roles : Action directe, reconnaissance spéciale, diplomatie en matière de défense et assistance militaire et opérations d’évacuation de non-combattants.
427e Escadron d’opérations spéciales d’aviation
Formé en 1942, le 427e Escadron (Lion) était à l’origine un escadron de bombardement de l’ARC et a remporté une liste impressionnante d’honneurs au cours de la Deuxième Guerre mondiale. Dissout après la guerre, il a été réactivé en 1962 comme escadron de chasse volant sur F-86 Sabre et ensuite CF-104 Starfighter jusqu’à ce qu’il soit dissout de nouveau en 1970. Par la suite, les Lions ont été réactivés le 1er janvier 1971 comme escadron tactique d’hélicoptère basé à Petawawa, en Ontario. Le 427e Escadron a pendant longtemps été un outil clé des activités de la FOI 2. Le 1er février 2006, l’escadron a été redésigné 427e Escadron d’opérations spéciales d’aviation et assigné au COMFOSCAN.
Mission : Fournir au COMFOSCAN des forces d’aviation d’opérations spéciales flexibles et à haut niveau de préparation, capables de conduire des opérations spéciales à l’échelle de la gamme complète de conflits, au pays et à l’étranger.
Roles : opérations contre-terroristes, action directe, reconnaissance spéciale et diplomatie en matière de défense et assistance militaire.
L’Unité interarmée d’intervention du Canada.
Incidents chimiques, biologiques, radiologique et nucléaire. Les événements tragiques du 11 septembre 2001 ont fait que la capacité d’intervention immédiate chimique, biologique, radiologique et nucléaire (CBRN) des FC a été assignée à une nouvelle unité à haut niveau de disponibilité opérationnelle, la Compagnie interarmée de défense nucléaire, biologique et chimique. Depuis le 1er février 2006, cette unité faisait partie du COMFOSCAN. Son nom a été officielle-ment changé à UIIC-ICBRN en septembre 2007. Cette unité, toujours en cours de développement, a trois mandats principaux : d’abord elle doit intervenir en cas d’incident CBRN conjointement avec d’autres éléments de l’équipe nationale d’intervention CBRN, la GRC et Santé Canada. Deuxièmement, elle doit fournir une partie intégrale flexible de la Force opérationnelle de réaction immédiate (IRTF) du COMFOSCAN et finalement de mettre sur pied une capacité de planification et consultative pour les opérations expéditionnaires des FC.
Mission : Fournir un appui général rapide et flexible au gouvernement du Canada pour prévenir, contrôler et limiter les menaces CBRN pour le Canada, les Canadiens et les intérêts nationaux.
Roles : Membre reconnu de l’Équipe nationale d’intervention CBRN, opérations antiterroristes, contre-prolifération, reconnaissance spéciale.
Effets stratégiques de base
Les effets stratégiques de base que le COMFOSCAN est en mesure de produire découlent de ses capacités uniques. D’abord, les composantes choisies du Commandement sont constamment en alerte avancée et possèdent un haut niveau de préparation pour fournir une éventuelle réaction flexible et rapide au gouvernement du Canada. Deuxièmement, le COMFOSCAN peut fournir des Forces opérationnelles d’opérations spéciales hautement spécialisées pour mener des missions cinétiques ou non cinétiques à haut risque qui ont des ramifications stratégiques majeures; par exemple, la libération d’un otage, une opération de reconnaissance spéciale requise pour bien informer le gouvernement du Canada dans le cadre de processus de planification opérationnelle et de prise de décision. Troisièmement, le COMFOSCAN comporte une capacité de base pour dissuader l’emploi d’armes de destruction massive ou pour en limiter l’impact. Quatrièmement, il facilite l’engagement avec des organisations alliées dans la lutte contre le terrorisme et permet de fournir de l’assistance aux nations désireuses de bâtir une capacité de FOS pour être à même de fournir leur propre défense interne. Finalement, les missions du COMFOSCAN peuvent définir les paramètres de l’activation d’un théâtre ou préparer le champ de bataille pour un suivi par des opérations conventionnelles.

Effets opérationnels de base et restrictions
On doit tenir compte des facteurs suivants au moment d’employer des éléments du COMFOSCAN :
- Un emploi inapproprié pourrait se traduire par un gaspillage inutile des FOS. Elles ne peuvent être rapidement remplacées ou reconstituées et il est impossible d’accroître rapidement leurs capacités.
- Les principes de l’anticipation et de l’engagement décisif initial et rapide serviront de multiplicateurs de force quant aux résultats opérationnels obtenus par les FOSCAN lors de situations émergentes. Bref,
plus l’annonce d’une éventuelle mission est faite rapidement, plus grandes sont les chances que les FOS soient employées de façon efficace (p. ex., prépositionnement des ressources) et que les effets soient réussis. En résumé, les décideurs peuvent, par inadvertance, éliminer la possibilité d’avoir recours aux FOS à défaut de leur permettre d’être au bon endroit au bon moment. - Les FOS devraient être employées contre des cibles importantes au plan stratégique ou opérationnel.
- Les FOS ne se substituent pas aux forces classiques. Dans la plupart des cas, les FOS ne sont ni entraînées, ni équipées pour conduire des opérations de combat classiques prolongées et ne devraient pas non plus se substituer à des unités classiques qui sont mieux préparées pour exécuter une mission classique avec efficacité.
- Le logistique du COMFOSCAN est austère de nature et articulé autour de la mise en service et du soutien des forces rapidement déployables et flexibles, et non du soutien prolongé des forces en campagne.
- Les Forces opérationnelles d’opérations spéciales sont plus efficaces lorsqu’elles sont pleinement intégrées dans le plan de campagne général du commandant de la force opérationnelle (cmdt FO) interarmées/d’un théâtre. L’emploi des FOS dépend totalement de l’intention du commandant supérieur et les actions menées par celles-ci ne seront connues que de ceux qui doivent être mis au courant.

Concept d’opérations

Le COMFOSCAN emploie un concept d’opérations intégré qui se fonde sur la constitution de Forces opérationnelles d’opérations spéciales. Le COMFOSCAN est responsable de la mise sur pied d’une force (MPF) pour toutes les missions assignées aux FOS et, à ce titre, les Forces opérationnelles d’opérations spéciales sont créées en fonction des tâches permanentes spécifiques (p. ex. Force opérationnelle d’intervention immédiate contre-terroristes, Force opérationnelle CBRN, Force opérationnelle d’aviation) ou de forces opérationnelles spécialement mises sur pied d’après une situation, une mission ou des menaces émergentes précises. Le concept est fondé sur un large éventail de capacités des FOS qui, en cas de crise, sont adaptées pour former un ensemble de forces intégrées conçues pour contrer la menace. En dépit du rôle de MPF du commandement, les unités sélectionnées prennent les commandes et le commandant désigné de la Force opérationnelle peut déterminer quels outils sont requis en fonction d’une analyse de la mission pour être en mesure d’exécuter celle-ci avec efficacité. Les FOS sont en retour fournies au commandant opérationnel bénéficiaire (p. ex., le Commandement de la Force expéditionnaire du Canada (COMFEC) ou le Commandement du Canada). Dans des circonstances particulières, le COMFOSCAN peut aussi employer des Forces opérationnelles d’opérations spéciales pour exécuter des missions délicates au nom du gouvernement du Canada. Dans de tels cas, le COMFOSCAN planifie, met sur pied et exécute la mission avec les ressources internes du Commandement uniquement et relève directement du gouvernement canadien par l’entremise des niveaux stratégiques au sein des FC.
Peu importe son rôle, le COMFOSCAN exerce aussi son concept de soutien, qui se divise en trois volets simultanés. Premièrement, le Commandement fournit un soutien quotidien en ce qui a trait aux activités administratives et d’instruction courantes ainsi qu’aux fonctions de gouvernance interne du Commandement. Dans le cadre du deuxième volet, qui se déroule potentiellement en même temps que les autres, le Commandement soutient la mise sur pied et le déploiement de sa Force opérationnelle permanente d’intervention immédiate et l’exécution subséquente des opérations. De même, le Commandement soutient aussi, souvent simultanément avec les deux autres volets, le déploiement et le maintien en puissance d’autres Forces opérationnelles d’opérations spéciales déployées aux quatre coins du globe.
Enjeux relatifs à la mise sur pied et au développement de la force
- La sélection. La nature des missions des FOS exige qu’on fasse appel à des combattants en bonne condition physique, intelligents, flexibles et capables de fonctionner en petits groupes lors de situations à haut risque, complexes et instables. Cette nécessité de faire appel à des individus qui peuvent élaborer une solution et agir rapidement dans le contexte incertain d’aujourd’hui accorde à la sélection du personnel qui compose le COMFOSCAN une importance primordiale. Chaque unité dispose de normes de sélection sur mesure pour s’assurer que les candidats possèdent les attributs et le potentiel pour acquérir les compétences nécessaires à l’exécution de leurs types de mission. Ces exigences rigoureuses, en particulier pour la FOI 2, conduisent à des taux d’échec élevés pendant la sélection, renforçant ainsi le besoin pour le COMFOSCAN d’avoir accès au plus large bassin de recrutement possible.
- Les réserves. L’établissement d’un élément de réserve des FOS donne la possibilité aux réservistes servant actuellement au sein des FC de se porter volontaires pour servir avec le COMFOSCAN. Ceci permet aussi aux combattants des FOS, hautement entraînés et qualifiés de maintenir un lien avec le COMFOSCAN à temps partiel, comme c’est souvent le cas, après leur retraite. Dans tous les cas, l’élément de réserve des FOS vise à fournir un moyen aux réservistes de travailler avec le COMFOSCAN tout en permettant au Commandement de recruter et de maintenir en poste des candidats possédant des ensembles de compétence uniques et difficiles à trouver. Du point de vue de l’expérience et du maintien en puissance, les réserves constituent un important multiplicateur de force de notre capacité à aller de l’avant.
- Instruction. L’instruction du COMFOSCAN met l’accent sur l’amélioration des ensembles de compétences individuelles et collectives spécialisées qui sont requises pour exécuter les tâches du Commandement. Lorsque c’est possible, ces exercices sont menés conjointement et selon le concept des Forces opérationnelles d’opérations spéciales pour améliorer l’interopérabilité avec les autres éléments des FC et les organismes d’application de la loi. Évidemment, le COMFOSCAN ne créera pas d’école ou de cours qui dédoubleraient des capacités existantes des FC.
- L’équipement. Les forces d’opérations spéciales se doivent non seulement d’être bien équipées, mais également d’être rééquipées rapidement et fréquemment pour contrer un adversaire flexible et qui s’adapte constamment aux situations nouvelles. Ce taux élevé de remplacement, associé à la flotte ou au chargement limité généralement requis pour équiper les Forces opérationnelles d’opérations spéciales, fait ressortir la nécessité de pouvoir compter sur un effectif de mise sur pied de la force autonome et dévoué au sein du COMFOSCAN. Cette équipe collabore étroitement avec les responsables de la mise sur pied de la force pour l’ensemble de l’organisation ainsi qu’avec ceux de chaque service pour s’assurer d’éliminer le dédoublement des efforts et de partager les meilleures pratiques. Les procédures d’acquisition du COMFOSCAN suivent toutes les normes et règlements du gouvernement du Canada et du ministère de la Défense nationale, le processus se déroule sous haute sécurité.
Enjeux relatifs à l’emploi de la force
- Les critères relatifs aux missions opérationnelles. Les FOS ne devraient être employées que pour obtenir un effet dont l’intérêt est national. Une fois assignée à une mission, la Force opérationnelle d’opérations spéciales la planifie et l’exécute en conséquence. Voici les facteurs dont on doit tenir compte dès le début du cycle de planification et avant l’attribution d’une tâche :
- La mission doit être appropriée pour les FOS; elle doit soutenir le plan de campagne et elle doit être possible au plan opérationnel.
- Les ressources nécessaires doivent être rendues disponibles pour exécuter la mission.
- Dans tous les cas, le temps maximum nécessaire doit être accordé pour procéder à une planification détaillée afin d’assurer le succès de la mission. L’avertissement devrait toujours être donné le plus tôt possible.
- Étant donné que les FOS constituent une ressource de grande valeur qui compte peu de membres, les bénéfices découlant de leur succès doivent être mesurables et équilibrés par rapport aux risques inhérents à la mission.
- La mission doit être appropriée pour les FOS; elle doit soutenir le plan de campagne et elle doit être possible au plan opérationnel.
- Le renseignement.Les opérations d’une précision chirurgicale, qu’elles soient cinétiques ou non, sont axées sur le renseignement et en dépendent. C’est pourquoi le renseignement est crucial dans tous les aspects du ciblage, du mode d’action (COA), de la planification et de l’exécution de la mission. De façon générale, les Forces opérationnelles d’opérations spéciales nécessitent une interface rapprochée et sans contrainte au chapitre des ressources nationales et du théâtre en matière de renseignement et des liens avec les entités qui fournissent des renseignements en provenance de toutes les sources. Le développement de capacités en matière de renseignement humain revêt une importance cruciale pour les opérations dans les États défaillants. La contre-ingérence et la sécurité des opérations s’avèreront des disciplines d’importance pour les Forces opérationnelles d’opérations spéciales en vue de limiter les risques inhérents à leur mission.

Les défis
Répondre aux exigences substantielles en ce qui a trait à la main-d’œuvre, à l’équipement et à l’instruction représente un défi de taille pour les FOS. Les FC ont marqué un pas en avant pour accroître leur capacité de mener des opérations spéciales. Cette croissance est soigneusement gérée à l’intérieur du cadre de responsabilité et d’imputabilité des FC. Le COMFOSCAN demeure engagé à employer les ressources de façon judicieuse et responsable, se rendant compte que la capacité de toute institution militaire est restreinte, mais que cette capacité doit être en équilibre avec son mandat, qui commande une exécution « sans erreur » des tâches. Ainsi, le Commandement maintient l’équilibre entre les restrictions en matière de ressources et les quatre vérités internationalement reconnues des FOS :
- Les êtres humains sont plus importants que le matériel.
- La qualité est mieux que la quantité.
- Les FOS ne peuvent être mises sur pied en série.
- Des FOS compétentes ne peuvent être créées après que des situations d’urgences se soient produites.

Maintenir l’équilibre entre l’ouverture et la transparence totale et le caractère secret des opérations constitue un autre défi de taille. La sécurité opérationnelle est un préalable fondamental pour les FOS et son importance découle de deux éléments essentiels. Le premier se fonde sur l’obligation morale de faire tout ce qui est possible pour assurer la protection et la sécurité de notre personnel, tout particulièrement dans le contexte du type d’opérations que nous menons, des types d’environnements dans lesquels nous les menons (p. ex., régions interdites, hostiles ou controversées sur le plan politique) et la nature de l’ennemi auquel nous faisons face. Le deuxième s’appuie sur la nécessité de protéger les opérations et d’assurer le succès de la mission. Il est essentiel pour ce deuxième élément de protéger l’information et les capacités de nos alliés internationaux. Cependant, bien que le cloisonnement de l’information soit important, les autorités pertinentes à tous les niveaux sont toujours parfaitement renseignées sur les détails des opérations des FOS.
Les priorités du Commandement

La création du COMFOSCAN s’avère un outil important dans l’utilisation efficace des forces d’opérations spéciales à l’appui de la sécurité nationale et de nos intérêts nationaux. La croissance actuelle du Commandement apportera une plus grande flexibilité au gouvernement du Canada pour répondre aux situations complexes et toujours changeantes en matière de sécurité au pays
et à l’étranger.
Voici les priorités du Commandement à court terme :
- Le maintien en puissance et le développement continu des efforts en matière de contre-terrorisme. Ceci inclut le maintien en puissance et le développement des capacités de défense chimique, biologique, radiologique et nucléaire (CBRN) et d’une Force opérationnelle d’opérations spéciales nationale d’intervention immédiate (II) à l’appui des organismes d’application de la loi.
- La préparation pour les Jeux olympiques de 2010. Comprend l’achèvement de la planification, de l’instruction, de la croissance et de l’intégration nécessaires pour fournir la capacité de FOS requise pour contribuer aux autres efforts du gouvernement en vue d’assurer la sécurité des Jeux.
- La contribution aux opérations internationales. Inclut le soutien aux missions des FC à l’étranger, qu’elles soient éventuelles ou en cours (p. ex., opérations d’évacuation des non-combattants ou opérations spéciales distinctes). Englobe aussi l’aide accordée aux autres ministères du gouvernement ainsi qu’aux nations et alliés choisis afin de développer des capacités et des ensembles de compétences pour être en mesure d’assurer leur propre sécurité et leur propre défense interne.
- La croissance du COMFOSCAN. Comprend le développement complet des unités et quartier général de formation existants ainsi que l’établissement d’organisations requises qui n’existent pas actuellement, pour être en mesure de fournir au gouvernement canadien la capacité requise dont il a besoin pour réagir rapidement aux menaces au pays et à l’étranger.
Conclusion
Le Commandement des Forces d’opérations spéciales du Canada représente la force de dernier recours de la nation. Le concept « sans place à l’erreur » découle de la réalité selon laquelle les FOSCAN sont souvent requises pour servir contre certains ensembles d’objectifs pour lesquels il n’y a tout simplement aucune autre possibilité pour le gouvernement canadien. Ainsi, le COMFOSCAN constitue une ressource stratégique qui offre au gouvernement du Canada une possibilité de réaction flexible, agile, rapide et sur mesure pour une large gamme de menaces au pays ou à l’étranger. Ses forces spécialement entraînées et équipées sont capables de projeter une large gamme de compétences et des effets d’une précision chirurgicale cinétiques et non cinétiques dans des régions interdites, hostiles ou controversées sur le plan politique pour réussir des missions d’une importance cruciale. Au fur et à mesure que le contexte mondial en matière de sécurité est de plus en plus ambigu, complexe et chaotique, le COMFOSCAN s’adaptera et évoluera en conséquence pour fournir au gouvernement et à la population du Canada la capacité d’intervention requise pour dissuader, déjouer, perturber, désorganiser et lorsque nécessaire détruire les entités qui menaceraient les Canadiens, nos alliés et amis ou nos intérêts nationaux.


